De Sepultura à Cavalera Conspiracy

Posted: 27th août 2014 by admin in hard-core

Il y a des nouvelles qui font mal. Mais rien n’a été plus dur que d’apprendre le départ de Max de Sepultura, parce que Sepultura, c’était à peu près tout pour moi. Un must. Un summum. Roots est une pierre angulaire de ma vie. Symbole des années collège, synonyme de tant de souvenirs. Quand la nouvelle est tombée, en plein début de déferlante néo-métal, on s’est tous retrouvé un peu paumé.

Certains ont choisi de rester old-school, de ne bouger la tête que sur du Slayer ou du Pantera. D’autres ont pris à bras-le-corps les petits nouveaux: les Korn, Machine Head et autre Coal Chamber (ils sont où eux d’ailleurs???). Il a fallu patienter pour retrouver un petit bout de ce qui faisait la force et l’originalité de Sepultura. Il a fallu attendre Soulfly. Putain de groupe qui reprenait les choses là où Roots les avait laissé. Soulfly, c’était le versant métal ethnique, tribal du gang brésilien. Sepultura nouvelle formule revenait, de son côté, vers quelque chose plus proche du hardcore, à mi-chemin entre Vision of Disorder, Madball et la période Chaos AD.
Max était parti en claquant la porte. Violent. Pendant des années, de longues années, la tension ne baissait pas. Pas de calme après la tempête. Toujours de la rancune amère. Rien, absolument rien ne laissait présager de réconciliation, de rapprochement. Alors de là à envisager une reformation… Et puis la légende de Sepultura a commencé à décroître. Les albums sont devenus sympas, bien pas mal, puis franchement bof. Il s’est passé la même chose du côté de Max et de son Soulfly. De changements de line-ups en manque d’inspirations chroniques, le bon Max a vu son projet et sa légende se ternir. L’heure était venue de réouvrir cette porte claquée quelques années plus tôt. L’heure de retrouver l’inspiration en puisant dans son propre sang. Le sang fraternel. Igor le bûcheron ne demandait que ça finalement, à l’étroit dans son propre groupe, il ne s’épanouissait pas musicalemnt. On ne le sentait pas heureux musicalement parlant. Avec Andreas Kisser comme principale moteur d’écriture, Sepultura basculait vers quelque chose qu’il ne contrôlait plus.

Back to the roots donc pour les frangins Cavalera qui reviennent au boulot avec un nouveau projet, au nom un peu crétin et encore révélateur de leur profond altruisme, baptisé The Cavalera Conspiracy. Bizarrement, l’album Inflikted sonne plus comme le Sepultura trash de la fin des 80′s que comme un Roots. Les Cavalera ont voulu faire du speed, du trash. Ils reviendront sans doute un jour à des chansons bercées par la culture amérindienne mais l’heure était au mettage de pendule à l’heure. Avec Inflikted, Igor avait à coeur de montrer qu’il n’y avait pas que Joey Jordison dans la vie. Que lui aussi pouvait jouer vite et fort. Max devait remettre les pendules à l’heure lui aussi et prouver qu’il a avait toujours ce sens aigu de la mélodie derrière les cris gutturaux. Max et Igor se devaient de rappeler à la jeune génération l’héritage de Sepultura et rappeler aux anciens qu’il n’y a pas que Machine Head à avoir survécu dans le foisonnement musical du genre. Inflikted est l’album de la réconciliation, de la rédemption, de la salvation, du renouveau, à la fois best of et nouveau départ.

  1. Jalen dit :

    ah Sepultura : tout le monde se rappelle ce live en direct sur canal+ dans feu l’émission nulle part ailleurs.. Mais ça faisait plusieurs années déjà qu’ils avaient envoyé du bon et que Sepultura était considéré comme le meilleur groupe dde bourrins de l’époque : les Entombed et consorts n’ont fait que les imiter

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